Les immunomodulateurs
Comme leur nom l'indique, les immunomodulateurs «modulent», c’est-à-dire modifient le comportement du système immunitaire dans la SEP en tentant de rétablir son fonctionnement normal.
L'introduction de ces médicaments a considérablement amélioré la thérapie de la SEP. Des résultats positifs ont en effet pu être observés chez les patients souffrant de sclérose en plaques évoluant par poussées, notamment:
- la réduction de la fréquence et de la gravité des poussées. Cela signifie moins de traitements à la cortisone et des séjours en hôpital plus courts en cas de poussée;
- le ralentissement de l’apparition des lésions au cerveau (prouvé à l'aide de l'imagerie par résonance magnétique IRM) ainsi que, avec certains immunomodulateurs, une réduction du risque d'incapacités futures.
Ce groupe de médicaments englobe les interférons et l'acétate de glatiramère, un produit d'origine synthétique.
Les interférons sont de petites protéines ou glycoprotéines solubles qui sont également produites par le corps lui-même. Il existe une multitude d'interférons différents qui ont des répercussions diverses sur les processus inflammatoires de la SEP. L'interféron bêta, par exemple, agit de façon ciblée sur la perturbation du fonctionnement du système immunitaire et entraîne du fait de ses propriétés anti-inflammatoires une stabilisation significative ou un ralentissement de l’évolution de la SEP.
Il existe, selon l'obtention par génie génétique, deux types d'interféron bêta:
- l’interféron bêta 1a, qui est produit dans des cellules de mammifères selon des techniques de recombinaison génétique et est comparable, du point de vue biologique, à l'interféron bêta présent naturellement dans l'organisme;
- l’interféron bêta 1b, qui est produit dans des cellules bactériennes selon des techniques de recombinaison génétique et est différent de l'interféron bêta produit naturellement.
Le tableau ci-dessous présente les interférons bêtas disponibles actuellement sur le marché, qui sont administrés soit par injection sous-cutanée, c'est-à-dire sous la peau, soit par injection intramusculaire, c'est-à-dire dans le muscle. L'acétate de glatiramère est injecté quotidiennement sous la peau.
Posologie et voie d’administration des immunomodulateurs:
| Appellation générique | Interféron bêta 1a | Interféron bêta 1a | Interféron bêta 1b | Acétate de glatiramère |
|---|---|---|---|---|
| Présentation | Seringue pré-remplie, prête à l’emploi | Seringue pré-remplie/reconstitution nécessaire | Reconstitution nécessaire | Seringue pré-remplie, prête à l’emploi |
| Posologie | 22 μg ou 44 μg trois fois par semaine | 30 μg une fois par semaine | 0,25 mg tous les deux jours | 20 mg par jour |
| Voie d'administration | Injection sous-cutanée | Injection intramusculaire | Injection sous-cutanée | Injection sous-cutanée |
L’interféron bêta 1a
Les deux médicaments contenant de l’interféron bêta 1a actuellement commercialisés pour le traitement de la SEP se différencient par leur posologie hebdomadaire (1 fois 30 μg par semaine et 3 fois 44 μg ou 3 fois 22 μg par semaine) et leur voie d'administration (intramusculaire ou sous-cutanée). L’interféron bêta 1a possède la même séquence aminoacide que l'interféron bêta naturel. Il est obtenu par techniques de recombinaison à partir de cellules de mammifères (CHO = Chinese Hamster Ovary) et est, comme la protéine humaine, glycosylé.
L’interféron bêta 1a est doté d’un mécanisme d’action plurivalent, qui va du blocage de la migration des lymphocytes T dans le cerveau à l’altération de leur activation et de leur prolifération. L'interféron bêta modifie ainsi le processus pathologique sous-jacent de la maladie, c'est-à-dire qu'il ne lutte pas seulement contre les symptômes, mais aussi contre les causes de la SEP.
L’interféron bêta 1b
Contrairement à l'interféron bêta 1a, l'interféron bêta 1b est produit à partir de cellules bactériennes et il se distingue de la molécule naturelle à bien des égards.
En pratique clinique, les différences structurales entre l’interféron bêta 1a et l’interféron bêta 1b se répercutent sur la posologie, l’efficacité et le degré de tolérance.
L’acétate de glatiramère
L’acétate de glatiramère est un produit d’origine synthétique se composant d'un mélange aléatoire de polymères de quatre acides aminés: la glutamine, la lysine, l’alanine et la tyrosine.
L’effet de cette substance relève de sa similitude avec la structure de la gaine de myéline. Le médicament détourne les cellules immunitaires de leur cible et tempère la réaction auto-immune.

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